Portrait du procrastinateur

Pourquoi faire aujourd’hui ce que je peux faire demain ?

C’est la question que se pose tout bon procrastinateur, en effet le procrastinateur n’oppose pas un simple refus de faire mais repousse la réalisation de son action à plus tard.

La pertinence de l’action n’est pas remise en cause, en cela il se distingue de l’indécis qui ne sait pas se décider, lui ne sait que trop bien ce qu’il doit faire…

Le procrastinateur préfère se consacrer à des tâches plus plaisantes moins contraignantes, il privilégie l’accessoire, le superficiel à l’essentiel.

Il invoque pour cela tout un tas de raisons d’ordre « temporel », en voici un florilège :

« J’ai encore le temps… »

« Pas maintenant… »

« Ce n’est pas le moment… »

« Il y a plus urgent à faire, plus important… »

Le procrastinateur est l’homme des faux fuyants, mais il n’est pas dupe, il sait que la priorité se trouve dans ce qu’il tente de repousser, et toutes ses tentatives pour s’y soustraire sont vouées à l’échec : en effet plus il cherche des moyens et des raisons pour ne pas faire ce qu’il doit faire, plus ce qu’il doit faire lui apparaît de manière indéfectible.Et comme un moustique par une nuit d’été, la petite musique du « il faut, tu dois… »revient encore plus lancinante après chaque nouvelle tentative pour y échapper.

À quoi veut échapper le procrastinateur ?

Comme nous l’avons dit le procrastinateur fuit.

Il fuit ses responsabilités il fait ce qu’il ne devrait pas faire et ne fait pas ce qu’il devrait faire.

C’est un irresponsable qui ne veut pas endosser le fardeau de l’obligation.

Ne pas faire ou faire autre chose que ce qu’on devrait faire, c’est vivre dans la légèreté, rechercher le plaisir (« je fais ce qui me plait »), c’est ne pas prendre de risque, c’est éviter aussi un éventuel échec…

Le procrastinateur préfère rester dans l’angoisse du « ne pas faire » que de se confronter au tangible du faire. Mais plus le temps passe et plus l’urgence du devoir « faire » se fait sentir et faire autre chose ne suffit plus à oublier ce qu’il doit faire.

Deux issues s’offrent alors au procrastinateur, soit :

1)    « Je le fais quand même » in extremis.

Avantage : on fait ce qu’on doit faire.

Inconvénient : un gros coup de pression et de stress et le risque de mal faire…

NB : c’est la peur des conséquences qui permet au procrastinateur de faire ce qu’il doit faire, ceux qui choisissent cette option évoquent le coup de pression bénéfique pour réaliser leur action.

2)    « Je ne le fais toujours pas ». Technique dites « Du plus tard…trop tard » appeler aussi le syndrome « Thévenoud ».

Avantage : on cherche encore…

Inconvénient : une chute et un réveil brutal.

NB : Opter pour cette solution c’est chercher à tout faire pour ne pas faire. Le procrastinateur qui agit ainsi se saborde lui-même (inconsciemment ?).

 

Comment faire pour faire ce que je dois faire ?

S’il y avait une solution simple, je m’attellerai à développer mon activité de praticien philosophe dès maintenant, tous les élèves rendraient leurs copies le jour J à leur professeur, nos résolutions de fin d’année seraient toutes accomplies ou en cours de réalisation…

Il faut envisager que si je repousse une action c’est qu’il y a un bénéfice à le faire ou justement à ne pas faire.

Le procrastinateur doit avant tout se mettre au clair sur ses motivations « à ne pas faire » sans se raconter d’histoire.

Pourquoi je repousse cette tâche à faire ?

En quoi cette tâche est-elle contraignante ?

Quelles seront les conséquences « si je ne fais pas » … ?

Quelles sont les avantages « à faire » ?

Quelles sont les avantages à « ne pas faire » (comparer avec les réponses de la précédente question) ?

Quelles sont mes priorités ?

En cas de blocage aigus

–       Se rappeler les moments pénibles où j’ai laissé pourrir une situation à force de « procrastiner »

–       Donnez-vous des échéances, des ultimatums…

–       Commencer par faire en vous limitant à un temps très court (ex : je commence à faire mon rapport mais pas plus de 10 mn).

–       Acheter un fruit, une pomme fera l’affaire, ce fruit représente maintenant ce que vous devez faire, l’objectif est de manger le fruit quand votre action sera réalisée ou bien entamée. Bon appétit !

–       Fixez-vous des temps de procrastination obligatoires !

 

 

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *